Alexandre Roure  

   

  Musique/Music

 

STORY

Mamie, « je veux un violon » voilà ce que contenait une lettre écrite à ma grand-mère début des années 80 , s’en suit une formation classique au conservatoire mais curieux de mon époque j’écoute du hard rock sur un Walkman fabriqué maison a base de magnéto K7 a piles et d'écouteurs du combiné téléphonique volés à mon père. Mon père lui écoute Billie Holiday et Duke Ellington en fumant des cigares, j'en profite pour écouter...et le regarder fumer !  

 

 A l’heure de la pop rock , du funk, du jazz fusion, mêlé au temps de l’affirmation de soi et au désir de vivre dans mon époque en gagnant du temps, l’apprentissage de la guitare basse s’impose. La théorie musicale et le solfège appris au conservatoire me permettent d’analyser, d’écrire et de travailler des lignes groovy de Jaco Pastorius ou de Bootsy Collins. 

Ecumer les bars de la région avec un Groupe de Pop Rock, ça sera fait dans la foulée.  

Une classe de Jazz se crée, j’y vais, je connais déjà un peu Duke et Bille. 

 

L’Armée vient me chercher je souffle dans un Tuba, expérience , je prends.

 

Puis Paris, passage obligé,  les écoles de jazz, les jam dans les clubs, les rencontres toutes générations et origines confondues, la vie sociale, l’urgence de jouer, les orchestres de musique Africaine dans les sous sols d’immeubles.  Je découvre à ce moment là le rôle social des musiciens, ils sont là pour prolonger les journées, les temps musicaux sont des parenthèses essentielles, de nouveaux espaces se créent, je veux être de la partie.  

 

Dans mon appart du XV eme je passe mon temps à composer à l’aide du système « midi » , m’ambiancant à coup de boucles et de superpositions de pistes, le coté urbain , le son qui ne s’arrête jamais me gagne. 

Les soirs et souvent tard dans la nuit, je suis au studio "bop City" de Max porte de Pantin, je m'initie à une contrebasse laissée là, un gamme pentatonique bientôt trouvée me permet de commencer à exprimer le blues, peut être un peu de celui de Billie entendu il y a quelques années. 

Je redescend dans le sud avec ce que j'étais venu chercher à Paris: la réconciliation de deux époques, celle de mon premier souhait: le violon et de mon plus grand caprice: la basse électrique, ca y est j'avais une vraie compagne: la contrebasse, un violon basse ou une basse violon....  avec elle tout devient possible, je l'emmène...   

 

Hôtels , bars , mariages , anniversaires, théâtres, manouche, blues etc... tous les prétextes sont bons pour pratiquer et jouer, je deviens pro sans l’avoir cherché, les collaborations sont là, l'amour aussi, « le festival des musiques « de Mormoiron pendant 6 ans en témoigne. 

 

Deux CD commandés naissent de ma collaboration avec Luis Pousa , guitariste chanteur d’origine sud-américaine, passionné de réalisations musicales, je découvre une nouvelle facette du métier, produire de la musique enregistrée.  

 

Travailler seul l'instrument comporte un risque: faire naître un solo, comment l'assumer pleinement à la basse, je m’écarte un temps de tout pour tester sa survie …

 

En 2020, au fond de mon Vaucluse natal, pendant cette première année Covid , je joue seul rêvant de grands espaces et de collaborations . Mes rencontres 2019 et 2020, riches mais  trop éphémères me manquent, en pensant à elles une idée prend forme: "le champ des bas laines, spectacle jazz urbain acoustique et danse contemporaine" ...